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Comme tous les ans, vos libraires prennent des congés cet été. La librairie sera donc fermée du vendredi 26 juillet au soir jusqu'au lundi 19 août inclus. Nous nous retrouvons le mardi 20 août dès 10h. Nous bloquons les commandes pour cet été à partir du 16 juillet. Passé ce délai, nous serons ravis de vous conseiller parmi nos références en magasin ! Bel été

Mirontaine sta leggendo

http://lemondedemirontaine.hautetfort.com/

Professeure des écoles par correspondance et lectrice passionnée autant en littérature de jeunesse qu’en littérature générale.

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21,00
1 mars 2023

Certains livres sont habités d'un souffle furtif et mystérieux. Au revers de la nuit de Cécile Balavoine explore la possibilité d'une rencontre à l'heure où nous sommes pressés de vivre. Hiver 1996, un éclat affleure dans la vie de Cécile, lors d'un voyage en train. La narratrice se rend à Brattleboro, dans le Vermount. Un homme ténébreux et élégant entre dans le wagon et Cécile attend que se révèle et se déploie l'âme qu'elle pressent et entrevoit déjà. Un sourire fugace mais transfigurant, un silence tinte là où le lecteur apprend à écouter les traces d'un amour dormant, à se tendre vers l'invisible des lieux , à sonder l'ineffable du lien qui unit Sasha et Cécile. La narration devient une forme frôlée, un appel murmuré où l'ordinaire d'un amour trouve une résonance inattendue. Les phrases sont picturales, teintées de mélancolie, parfois marquées de tragique, toutes empreintes d'acuité. Des apostrophes pudiques adressées à l'absent, toujours irradiant de présence, Sasha, l'homme aimé disparu. Sa disparition sonne l'heure blême et grise, au creux d'un avion. La narratrice reste au sol. Les vapeurs s'exhalent des bouches, elles cherchent à rejoindre le dernier souffle, celui que le virtuose des cocktails vient de rendre. Certains chagrins supportent la poigne du langage lorsque la littérature a ce pouvoir de ressusciter les êtres. Le malheur est parfois fécond : en luttant contre l'absence, on devine les signes discrets d'un passage. Ni interprétation mystique, ni effet de croyance, Cécile cisaille les mots pour retenir l'âme qui s'en va et le besoin affolant de son énigme. Cécile absentée, ravie, soustraite ravive la mémoire de Sasha. Ce roman suggère une échappée troublante dans la rupture silencieuse et intérieure sous les remous des pages lorsque les rumeurs de la ville parviennent confusément. La nuit fait barrage à la vérité confiée, à la présence dans l'absence, à fleur de l'éphémère.

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