Gersende G.

Aisha Franz

Employé du Moi

22,00
Conseillé par
28 janvier 2023

Work-life-balance

Une artiste, un codeur et une start-uppeuse. Trois êtres humains en crise dans leur travail. Leur point commun? Leur désillusion quant à l'espoir d'un "travail épanouissant dans lequel se réaliser..." Et puis, une étrange psy à lunettes qui les reçoit… sans en avoir visiblement grand-chose à faire.
 
Dans un dessin bourré d'absurde et d'ironie, l'auteure aborde la bêtise du monde du travail: la course au profit qui met les individus au pas, l'optimisation de soi pour les besoins "d'être performant", les rapports de force sur le lieu de travail qui se veut ouvert et bienveillant, l'ubérisation poussé jusqu'à la fragmentation du soi. Décapant.

9,90
Conseillé par
28 janvier 2023

Mira: mes copains, mes copines et l'amour

"Trop gamine ou trop stylée?" A Copenhague, la vie de Mira est rythmée par l'école, ses copains et copines, et sa maman solo. Mais depuis que Betty, une nouvelle élève est arrivée dans la classe, Naja, la meilleure amie de Mira, ne s'intéresse plus qu'aux garçons, à la mode et à Instagram. Heureusement, il y a Louis, son ami de toujours, avec qui elle aime jouer. Pas facile de se positionner entre l'enfance et l'adolescence!

Mira est une pré-ado attachante qui nous apprend à prendre son temps et à grandir à son rythme. A dévorer pour ceux qui ont aimé Lou ! de Julien Neel. Pour les 9-13 ans.

Conseillé par
27 janvier 2023

L'âge de détruire de Pauline Peyrade

L'âge de détruire.

Et donc l'âge de se défendre. C'est ce que l'on souhaite tout au long de ce roman où la jeune Elsa est prise dans les filets de sa mère.

Dans une narration implacable et sans échappatoire, l'auteur nous raconte la relation toxique d'une mère et sa fille, les tabous qui infusent et ce silence insupportable qui s'incruste jusque dans cet appartement nouvellement acquis. L'auteur nous parle des secrets de famille, ceux des plus lourds à porter et rend d'autant moins supportable l'absence de cri, de règlement de compte maintenant qu'Elsa est adulte. De la mère, on ne saura rien, ni son nom, ni ce qui l'a poussé à faire ce qu'elle a fait. L'auteur nous emmène là où l'on redoute d'aller et elle le fait avec une écriture maîtrisée jusqu'au point de suffocation. Redoutable.

Conseillé par
27 janvier 2023

Mademoiselle Sophie ou la fable du lion et de l'hippopotame

Romain, 11 ans, est un jeune garçon qui se pose beaucoup de questions. Bientôt, il faudra traverser la rue et aller au collège, mais pour le moment, Romain savoure l'école grâce à Mademoiselle Sophie, son institutrice préférée. 

Au retour des vacances scolaires, lorsque Mademoiselle Sophie revient changée physiquement, Romain devine un mal-être derrière l'embonpoint de cette dernière. Sur les conseils avisés et bienveillants de sa grande soeur, Romain décide de mener l'enquête: il découvrira que les professeurs ont une vie privée (inimaginable!) et fera ses premiers pas dans le monde fascinant mais tellement incompréhensible des adultes.

Un roman graphique aux couleurs douces et aux traits arrondis pour apprendre, pour certains à grandir, pour d'autres à s'accepter. Une véritable douceur pour l'hiver. De 7 à 77 ans.

Evenson, Brian

Quidam

14,00
Conseillé par
2 janvier 2023

L'Antre de Brian Evenson

L'allégorie de l'Antre

Notre personnage n'a pas de nom. Il se réveille sous terre, dans un abri équipé d'une IA qui semblerait détenir les connaissances compilées d'une humanité disparue. On suppose le protagoniste être le seul survivant d'une catastrophe qui a rendu l'air de la surface de la terre irrespirable.

Notre narrateur interroge l'ordinateur sur la dernière personne à être sortie de cet antre avant lui, mais la machine lui renvoie sa question - qu'est-ce qu'une personne? -, laissant présumer que le narrateur n'en est pas vraiment une lui-même... Ni son corps qui saigne jaune, ni sa psyché qui finit par se fragmenter sous le coup de la multiplication des voix intérieures, ne peuvent être les garants d'un moi humain, stable et réel.

Dans une forme courte, ce récit post-apocalyptique prend des airs d'allégorie de la caverne où la sortie de l'antre nous mène aux confins de la folie, là où les questionnements ontologiques donnent le vertige, là où l'humain devient obsolète et évanescent. Inquiétant et formidablement bien mené.